Chroniques, Littératures de l'imaginaire

📚⎜ Pahana – L. Cruzille

Bonjour Ă  tous,

Je ne savais pas Ă  quoi m’attendre lorsque j’ai commencĂ© la lecture de Pahana, proposĂ©e par les Ă©ditions L’Alchimiste. Le rĂ©sumĂ© Ă©tait Ă©nigmatique et la couverture superbe. J’ai plongĂ© sans hĂ©sitation dans un roman surprenant.

Titre : Pahana – Ombres au seuil du cinquiùme monde
Plume : Lionel Cruzille
Édition : les Ă©ditions L’Alchimiste (site)

Résumé
Des Ă©vĂ©nements Ă©tranges se multiplient Ă  travers le monde, les Ă©lĂ©ments se dĂ©chainent, les frontiĂšres s’effacent, le surnaturel envahit la rĂ©alitĂ©, les certitudes s’effritent. Le monde semble en guerre avec lui-mĂȘme.
Une ombre dans le coin de l’oeil, Judie tĂątonne en quĂȘte de rĂ©ponses.
Ils ont l’habitude de traiter avec les spectres, ils les ont vu gagner en audace. Du fond de leur mĂ©moire, du fond de leur savoir, une vieille prophĂ©tie hopi vient proposer un dĂ©but de solution. 

« Pietrov jeta un oeil Ă  sa machine Ă  cafĂ©. Il se leva, se servit une tasse de cafĂ© puis resta debout quelques instants Ă  contempler l’objet insolite, posĂ© seul au milieu de la table stratifiĂ©e blanche. Avec le reflet de la lumiĂšre du jour, il vit soudain une ancienne marque de timbre tamponnĂ©. Elle Ă©tait Ă  peine visible.
AĂŻe.
Pietrov tressaillit. L’encre Ă©tait quasi effacĂ©e, mais elle Ă©tait reconnaissable entre toutes. Surtout par lui. Cette lettre avait traversĂ© le temps
 Il inspira doucement, se saisit du couteau et songea que l’heure Ă©tait venue de percer le mystĂšre. Â»

Mon avis
Une lecture surprenante et agréable, difficile à raconter sans en dévoiler trop (ce qui gùcherait une partie du plaisir de la découverte), raison pour laquelle cet article sera un peu moins long.

PortĂ©e par des croyances amĂ©rindiennes, l’atmosphĂšre dĂ©peinte est sensible, Ă©sotĂ©rique et poĂ©tique. ThĂ©ologie, rationalitĂ© et foi s’entremĂȘlent pour proposer une lecture du monde et de sa fin qui invite Ă  la rĂ©flexion et Ă  une forme de parcours initiatique.
Dans cette ambiance trĂšs particuliĂšre, les fils du destin se croisent et se dĂ©voilent peu Ă  peu. Entre discussions et rebondissements, l’intrigue avance inexorablement vers sa fin, au diapason de la marche du monde.

Un parcours qu’effectue Ă©galement Judie au fil des pages. Depuis des mois, son monde et ses certitudes s’effritent. Un livre Ă©sotĂ©rique lui propose un chemin et, hĂ©sitante, elle s’engage peu Ă  peu.
Plusieurs destins se rĂ©vĂšlent de chapitre en chapitre. Au dĂ©tour d’une lettre, Pietrov et David se retrouvent. Depuis toujours, Victor en voit plus qu’il ne devrait.
Les personnages m’ont globalement plu. Bien construits et individualisĂ©s, ils s’affirment et se complĂštent, tous plus ou moins consciemment guidĂ© par une mĂȘme Ă©nergie de vie. NĂ©anmoins, j’ai eu un peu plus de mal avec Judie au dĂ©but du livre, jusqu’à ce qu’elle laisse le lecteur percer sa carapace et percevoir sa dĂ©tresse face Ă  ce qui lui arrive.

La plume peint et raconte le monde et ses personnages avec subtilitĂ© et nuances, donne Ă  percevoir les variations de point de vue en donnant les mots aux pensĂ©es de chaque personnage. Elle tisse son intrigue, noue le rĂ©el et les croyances, souffle l’espoir de l’à-venir.

Le mot de la fin
J’ai savourĂ© ce roman court, surprenant, Ă©sotĂ©rique et invitant Ă  une rĂ©flexion sur le monde.
Une fin du monde entre ombre et lumiÚre, catastrophes et espoirs. Avec délicatesse, la plume de Lionel Cruzille donne voix aux personnages et les guide vers leurs destins.

À bientît,
Marine

Image réalisée avec Canva

Ce livre Ă©mane d'un SP