📚⎪ La Moïra — H. Loevenbruck

Relecture d’une trilogie qui m’avait beaucoup marqué il y a quelques années et que j’ai eu plaisir à retrouver pour commencer 2019.

Titre : La Moïra (intégral)
Auteur : Henri Loevenbruck
Série : La Moïra – T1 : La louve et l’enfant ; T2 : La guerre des loups ; T3 : La nuit de la louve
Éditeur : J’ai lu (site de l’éditeur)

Résumé
Aléa, jeune orpheline de treize ans, trouve, alors qu’elle erre dans le désert, une bague… Au bout d’un doigt… D’une pression de la main, Ilvain le Samildanach lui transmet ses pouvoirs. Pouvoirs convoités dont elle n’aurait pas dû pouvoir hériter…
Le Samildanach, l’un des plus puissants druides du Conseil, occupe une place unique en Gaelia et dans ses légendes.
Aléa serait-elle l’élue que certains redoutent tant ?
Les fondations de Gaelia commencent à trembler tandis que les rivalités s’exacerbent et que les conflits deviennent inévitables, entrainant Aléa, ses compagnons et les habitants de l’île dans une ère de bouleversements…
L’histoire de l’île est en marche.

« La mémoire de la terre est étrangère à celle des hommes. On croit tout connaître de l’histoire et du monde, mais il est des âges oubliés où se croisaient encore mille merveilles aujourd’hui disparues. Seuls les arbres se souviennent, et le ciel et le vent. Et si, un soir d’été, l’âme bienveillante vous vous allongez dans l’herbe et vous les écoutez le cÅ“ur ouvert, vous entendrez peut-être cette histoire d’un autre temps, au pays de Gaelia ; celle de la louve blanche et de l’enfant qu’on appelait Aléa. »

Mon avis
J’ai retrouvé l’île de Gaelia et ses personnages avec beaucoup de plaisir. Gaelia s’appuie sur un XIIème siècle d’inspiration celtique et druidique, entre histoire et féérie.

L’univers est à mes yeux l’un des points forts de cette trilogie : il est entrainant et original. Histoire, magie, féérie et inspiration celtique s’entremêlent pour donner corps à l’île de Gaelia. Dans cet univers médiéval vivent humains, druides, bardes, nains, sylphes et d’autres créatures ; une diversité qui se retrouve dans les différents courants de magie.
En trame de fond, les tensions entre passé et modernité sont exacerbées par l’apparition d’une nouvelle religion, celle des chrétiens, qui s’oppose aux croyances des druides partagées par la majorité des habitants, et la réapparition d’un peuple du passé.

C’est dans cet univers en tension qu’Aléa pénètre en héritant des pouvoirs d’Ilvain. Petite voleuse d’un petit village perdu dans le désert, la jeune fille se retrouve soudain aux prises avec des enjeux qui la dépassent tout en étant intimement liés aux choix qu’elle fera. Si j’ai trouvé Aléa attachante et émouvante, elle se comporte parfois comme une enfant capricieuse, ce qui avait tendance à diminuer un peu mon empathie. Cependant, cela change des élus qui acceptent (relativement) facilement tous les bouleversements de leur vie.
Au fil de ses aventures, on rencontre une galerie de personnages bien campés et complémentaires. Un groupe d’alliés solide se forme autour d’Aléa. Ils ont des compétences variés (druide, barde, itinérant, guerrier) et vont lui permettre d’avancer dans sa quête de sens/vérité. Certains passages atténuent néanmoins la complexité des personnages en en faisant, brièvement, des stéréotypes (ex du guerrier maladroit avec les mots, ou du barde trop bavard).
Une romance s’amorce entre certains personnages, traitée avec subtilité et une sorte de naïveté/fraîcheur que j’ai trouvé très attachante.
Un dernier personnage mérite d’être mentionné : Imala, la louve blanche. Sa route croise celle d’Aléa par hasard et elle lui viendra en aide à plusieurs reprises. La louve est traitée comme un personnage à part entière, indépendamment des passages où sa propre quête rejoint celle d’Aléa.
Sauf qu’en Gaelia, le hasard n’existe pas…

La trame historique et géopolitique de l’île est bien menée. J’ai adhéré au point de vue d’Aléa et à sa vision de l’avenir, mais les positions/objectifs de tous les camps en présence sont clairement et légitimement présentés. J’ai particulièrement apprécié que la présentation des points de vue ne soit pas (ou très peu) manichéenne. Chaque personnage de pouvoir croit en sa vision, et rarement pour maintenir son statut personnel : ils sont intimement persuadés d’agir pour le bien de l’île et de ses habitants/des personnes dont ils sont responsables.
Ces passages d’un camp à l’autre permettent également aux lecteurs de connaitre tous les complots/conflits/pièges en cours ou en cours de préparation.

La plume d’Henri Loevenbruck est fluide et entrainante.
Certaines formulations m’ont néanmoins coupé dans ma lecture. Il y a notamment des phrases lourdes qui répètent des choses induites par le texte. Cela m’a particulièrement frappé dans les passages où l’auteur insiste lourdement sur le fait qu’Aléa est obligée de grandir trop vite à cause de sa quête, alors que les actions de la jeune fille et les comportements de ses amis à son égard le montrent déjà.

Le mot de la fin
Si la relecture de cette trilogie d’apprentissage m’a beaucoup plu, elle a un peu écorné le souvenir que j’en avais gardé. La magie a opéré pour l’univers et la plupart des personnages, même si Aléa m’a parfois fait grincer des dents.
Je vous recommande néanmoins de découvrir cet auteur et cet univers, différent de ceux dont j’ai l’habitude.

Bonne découverte,
Marine

Image de fond issue de Pixabay

Lu dans le cadre du Challenge de l'Imaginaire

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