📚⎪ Tragic Circus — C. Guillot et M. Guibé

Un roman magnifique, juste et dissonant, sombre et envoûtant.
Oserez-vous pénétrez dans les coulisses du cirque ?

Titre : Tragic circus
Auteurs : Cécile Guillot et Mathieu Guibé
Éditeur : Éditions du Chat Noir (site officiel)

Résumé
Le cirque Andreani fascine les spectateurs grâce à ses numéros de qualité. L’enfant-funambule, le dompteur de fauve, la charmeuse de serpents et les autres artistes mettent leur talent au service d’un moment d’émerveillement.
C’est dans ce monde clôt que pénètre Cătălina.
Ou plutôt, dans ses coulisses. De rencontres en découvertes, la jeune diseuse de bonne aventure apprend l’envers du décors. Rien ne la prépare à la vérité que cache la lumière du spectacle…

Pierre et Hortense découvrent leur amour en même temps que leurs talents. Il est violoniste, elle est soprano. Leurs arts comme leur coeurs s’accordent et, ensemble, ils entament leur ascension vers la lumière…

« Les seules musiques [ que Cătălina ] connaissait étaient les chansons que lui chantait sa grand-mère ou le violon des Tsiganes. Les histoires gitanes qui y étaient contées avaient souvent une douce amertume. Elle ressentait la même chose à l’écoute de cette mélopée, l’enchaînement des notes était simple, presque de l’ordre d’une berceuse, et c’était peut-être sa simplicité qui lui donnait sa force. Une force ravageuse, qui vous balayait l’âme. »

Mon avis
J’ai pénétré dans les coulisses du cirque Andreani sur les pas de Cătălina, et, comme elle, je ne savais pas ce qui m’attendait.
Ce livre est un coup de coeur : une atmosphère fantastique et fascinante, des personnages travaillés et émouvant, deux trames narratives qui s’entrecroisent, la musique des instruments, des voix et des mots, deux plumes poétiques.
Ce roman se compose de deux trames narratives, distinctes pendant la majeure partie du récit (Cătălina/ Pierre et Hortense), et mon avis respectera cette distinction.

L’atmosphère du cirque, en huit-clos, est particulièrement bien réussie : on pénètre dans un monde entre paillettes de scène et obscurité des coulisses et des secrets. Cătălina est nouvelle et doit petit à petit trouver sa place dans une troupe constituée et relativement soudée. Dès ses premiers pas, la jeune fille perçoit que tout n’est pas dit, pas visible, et elle entraine le lecteur dans sa découverte de l’envers du décors.
Pierre et Hortense évoluent également dans un univers en demi-teinte, entre la misère des débuts d’artistes et la richesse des représentations sur scène. Néanmoins, leur univers m’a paru moins développé et immersif que celui du cirque.

Les personnages du cirque m’ont plu (sauf le directeur Andreani, mais vous comprendrez vite pourquoi en lisant Tragic Circus). Ils sont fouillés, très différents les uns des autres, sonnent justes, et sont sincères jusque dans leurs dissimulations. Un vrai plaisir de les rencontrer au fil des pages. Plaisir accru par les plumes mêlées de Cécile Guillot et Mathieu Guibé (j’y reviendrai).
Pierre et Hortense m’ont un peu moins plu. J’ai beaucoup aimé leur rapport à la musique et à l’art, un peu moins la manière dont évolue la relation qui se tisse entre eux.

La musique est omniprésente dans le livre. D’abord parce qu’elle est au coeur de l’histoire de Pierre et Hortense, mais surtout parce qu’elle résonne dans l’enchainement des mots et l’harmonie des phrases. Les auteurs m’ont entrainé sur les pas de Cătălina et Pierre, dans un roman à deux histoires qui finissent par se rencontrer.
L’attraction des mots était irrésistible. Les émotions montent, les événements s’enchainent, les intrigues se croisent, les personnages hésitent entre harmonie et dissonance.
Jusqu’à la fin.
Sublime, merveilleuse et tragique.

Le plus de l’objet-livre : une couverture sublime réalisée par Mina M. (son site).

Le mot de la fin
Un huit-clos sublime, fluide et poétique, sombre et émouvant, aux couleurs de l’horri-fantastique : une lecture coup de coeur.
Les destins des personnages s’entrecroisent de mystères et de magie dans une atmosphère oscillant entre une lourdeur à la limite du malsain et une légèreté lié à l’espoir d’un avenir plus radieux.
J’ai préféré les passages avec Cătălina, mais l’histoire de Pierre et Hortense résonne avec les événements qui agitent le cirque.

Bonne lecture,
Marine

Image de fond issue de Pixabay

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