Chroniques, Littératures de l'imaginaire

📚⎜Eldora T1 – F. Caffart

Il Ă©tait une fois
Une palette de douceur, une palette de douleurs
Des portes s’ouvrent, s’esquissent, sur un chemin de mystùres

Livre’jour Ă  tous,

Conquise par ma rencontre (virtuelle) avec Floriane Caffart, j’ai poussĂ© les portes d’Eldora, sa citĂ© fantasyque ceinte de haut murs protecteurs. Une visite que je ne regrette absolument pas !
D’autant que Floriane propose des cĂ©di-croquis et que je suis absolument ravie de la beautĂ© douce du mien et du personnage qu’il reprĂ©sente !

Titre : Eldora – Tome premier
SĂ©rie : Eldora

Plume : Floriane Caffart (clic)

Édition : les Éditions du Hamster (clic)

Pinceau (illustration) : Flowrale (instagram)
Pinceau (graphisme) : Maëlenn Coïc (instagram)

Résumé

Les murs Ă  perte de vue, jusqu’à l’horizon. Ils surplombent la ville, la protĂšge, sous l’oeil vigilant des Semeths. Mais surtout, il la coupe de l’extĂ©rieur.
Arkann est faune et orphelin, deux raisons d’ĂȘtre mĂ©prisĂ© par la sociĂ©tĂ© d’Eldora. Deux motivations pour rechercher sa libertĂ©, pour vouloir se faire une place. Deux raisons et sa soeur, Sayla. EntourĂ© de ses amis, Arkann est prĂȘt Ă  tout pour dĂ©couvrir le souffle de la libertĂ©. Et pour offrir cet Ă©lan de vie Ă  sa cadette.
Heylinn, princesse de la citĂ©, a soif d’apprendre, de comprendre, de maĂźtriser sa vie et d’offrir le meilleur Ă  son peuple.
Dans les couloirs du pouvoir serpentent les secrets et la magie. Dans les recoins et les ombres, d’autres enjeux sont à l’oeuvre, d’autres mystùres.

La FĂ©e s’en souvenait comme si c’était hier. Elle jouait dans la mezzanine lorsque le Roi, la Reine et la PremiĂšre Éclaireuse Ă©taient entrĂ©s avec le Siyala enfermĂ© dans une cage. Les Semeths n’avaient encore jamais rencontrĂ© pareille crĂ©ature Ă  l’ExtĂ©rieur et il fallait dĂ©cider de son sort : la chasser ou la prĂ©server.
RoulĂ© en une petite boule rousse, le Siyala tremblait. Ses oreilles pointues s’agitaient au moindre bruit. Son nez allongĂ© humait l’air la recherche d’une odeur familiĂšre.
Heylinn s’était prĂ©cipitĂ©e dans l’escalier pour recouvrir la cage de ses bras. Attendri, le Roi avait fini par cĂ©der, mais Ă  deux conditions : le Siyala ne devrait jamais sortir du chĂąteau et il serait exĂ©cutĂ© au moindre signe d’agressivitĂ©.
– Je raccompagne Aluna à votre chambre et je vous rejoins.
L’animal Ă©mit un jappement plaintif. Heylinn soupira en poussant la porte.
La piĂšce Ă©tait pleine Ă  craquer. Sans prĂȘter attention aux murmures liĂ©s Ă  son arrivĂ©e, elle s’installa sur le siĂšge Ă  cĂŽtĂ© de son pĂšre. Sa mĂšre lui lança un regard interrogateur auquel elle ne rĂ©pondit pas.
Heylinn inspira profondĂ©ment et se prĂ©para Ă  Ă©couter les dolĂ©ances du peuple : le manque de blĂ©, la population croissante, la criminalitĂ© dans les rues du Tiers-Lieu
 Elle se prit Ă  penser que tout cela n’était qu’une triste comĂ©die. Comment le Roi, en Ă©coutant les plaidoyers de ses citoyens, pouvait-il rĂ©soudre leurs problĂšmes ?
Si un jour tu veux ĂȘtre une bonne souveraine, tu dois apprendre Ă  ĂȘtre attentive Ă  ton peuple pour le comprendre.
Son pĂšre n’avait pas besoin de prononcer ces mots Ă  voix haute, elle les entendait dans son regard. Au diable toute cette mascarade ! Elle posa son coude sur l’accoudoir et son menton dans le creux de sa main. Impassible face au comportement de sa fille, le Roi reporta son attention sur l’assemblĂ©e.
– La sĂ©ance de DolĂ©ances se tiendra sous la direction du Roi ReĂŻgo, de la Reine Eiven et de la princesse Heylinn, annonça l’intendant Kahl, avancez-vous et exposez votre dolĂ©ance.

Mon avis

Un roman assez court, fluide et entraĂźnant qui m’a beaucoup plu ! L’univers est trĂšs riche et crĂ©atif, avec des nuances profondes et une douceur intime. Ce premier tome permet vĂ©ritablement de dĂ©couvrir la citĂ©, l’univers, ses racines et son fonctionnement et d’introduire les personnages et le bouleversement qui s’annonce. Il pose le cadre du monde, un cadre dont il me tarde de sortir dans le second tome !

L’univers d’Eldora est trĂšs riche, il mĂȘle des crĂ©atures plus ou moins habituelles en fantasy/imaginaire comme les FĂ©es, les Semeths, les Faunes et les Axolotls, et des crĂ©atures inventĂ©es comme les Siyalas (que vous avez pu dĂ©couvrir dans l’extrait un peu plus haut). Floriane s’est vĂ©ritablement appropriĂ©e ces crĂ©atures dĂ©peindre un univers bien Ă  elle, original, crĂ©atif et nuancĂ©.
La citĂ© d’Eldora est trĂšs hiĂ©rarchisĂ©e. Les strates sont Ă©videntes, omniprĂ©sentes, il est impossible de s’en affranchir : la race de naissance dĂ©termine le rang dans la sociĂ©tĂ©, les fonctions, les quartiers d’habitation,
 Les FĂ©es sont au sommet, les Faunes tout en bas, mĂ©prisĂ©s et brimĂ©s.
L’exploration de cet univers, la dĂ©couverte du passĂ© de la citĂ©, et donc l’apprentissage de ses racines et de son identitĂ© sont au coeur du rĂ©cit, bien que les personnages n’en ai pas tous conscience.

Je me suis vite attachĂ©e Ă  tous les personnages principaux, tant grĂące Ă  leurs forces que grĂące Ă  leurs failles, je les ai rencontrĂ© au fil de leurs convictions, doutes et maladresses. Ils dessinent une large palette riche de nuances, de qualitĂ©s et sensibilitĂ©s. J’ai Ă©galement Ă©tĂ© touchĂ©e par les nuances de douleurs et de douceurs qui s’esquissent et qui se tissent dans les relations entre les personnages.
J’ai une petite prĂ©fĂ©rence pour Börom. Il a un cĂŽtĂ© doux, douillet, sensible, rĂ©confortant, un instinct protecteur extrĂȘmement attachant ! Et oui, c’est effectivement le personnage que j’ai l’immense plaisir d’avoir un croquis sur la premiĂšre page !

La plume est fluide et sensible. DĂ©licatement, elle m’a saisi pour m’entraĂźner dans les coeurs et les pensĂ©es de ses personnages.
Plusieurs intrigues s’entremĂȘlent, se mettent progressivement en place, suggĂ©rant des rĂ©vĂ©lations Ă  venir (dont certaines sont certainement pour le T2 !).
Les ellipses permettent de mettre l’accent de la narration sur les passages qui ont une importance clĂ©s pour les diffĂ©rents fils dramatiques. Cela n’a pas gĂȘnĂ© ma lecture, mais j’ai toutefois regrettĂ© la prĂ©sence/longueur de certaines ellipses qui m’ont empĂȘchĂ© de sentir l’évolution des relations entre les personnages. Ainsi, j’ai parfois eu l’impression d’ĂȘtre « mise devant le fait accompli » de certains rapprochements.

Le mot de la fin

Pareil Ă  une visite qui allie explorations et mystĂšres, ce premier tome de la duologie Eldora tisse un univers, une atmosphĂšre, des intrigues et des personnages variĂ©s et attachants. J’ai Ă©tĂ© irrĂ©sistiblement entrainĂ©e par la douceur et la sensibilitĂ© de la plume de Floriane et il me tarde que le second tome Ă©largisse l’horizon qui se dĂ©voile Ă  la fin !

Vous l’aurez (peut-ĂȘtre ?) devinĂ© : Flowrale est le nom de pinceau de Floriane. La douceur de sa plume se retrouve dans la dĂ©licatesse de ses aquarelles.

Est-ce que vous appréciez que vos romans soient dédicacés ?

À bientît,
Marine