Chroniques, Littératures de l'imaginaire

📚⎜Vert-de-Lierre – L. Le Bars

L’élan insidieux qui s’essouffle dans l’ombre
Qui enveloppe, hante et submerge
Sur les traces de l’émotion
Intense

Livre’jour Ă  tous,

Audrey (La tasse Ă©brĂ©chĂ©e – clic) et ZoĂ© (ZoĂ© prend la plume – clic) m’ont, Ă  plusieurs reprises, avec enthousiasme, chaudement recommandĂ© Vert-de-Lierre, un roman qui m’intriguait de plus en plus…
J’ai fini par me laisser tenter et j’ai été envoûtée par la plume de Louise et l’atmosphère de ce roman intense, percutant et sombre !

Vert-de-Lierre


Plume : Louise Le Bars

Édition : Noir d’absinthe (site

Pinceau : Marcela Bolivar (site) 

Résumé

L’inspiration s’est tarie, le laissant vide au bord d’une page désespérément blanche. Le laissant seul au creux de ses pensées sans fin. Sans fond.
Dans ce néant créatif ressurgit une vieille légende que lui contait sa grand-mère récemment décédée. Une légende locale, étrange, monstrueuse… Olivier se met en quête d’inspiration, en quête d’aspiration, sur les traces de son enfance, sur les traces de son à-venir.

Le soir approchant, je me dirigeai vers l’allée où s’élevait la maison de Dahlia Midwinter. J’avais une bonne partie de la soirée devant moi, le soleil se couchant à peine. Les gens du coin rentraient tôt chez eux.
Tançant ma curiosité de plus en plus dévorante, ma conscience me chuchotait que j’étais ridicule, victime d’une obsession dénuée de sens et d’intérêt. Ne daignant pas l’écouter, je m’avançai prudemment vers les grilles. Elles annonçaient un style suranné, très XIXe siècle, digne de ces maisons hantées de films d’horreur. Je ne pouvais bien évidemment m’en contenter. De là où je me trouvais, on ne voyait que d’immense cyprès qui couronnaient toutes ces gardiennes épineuses de leur droiture impavide, dressées vers le ciel violacé comme un avertissement à mon indiscrétion. Cela ne m’encouragea que davantage à pénétrer dans ce sanctuaire végétal. Je voulais voir sa maison. Sinon je savais que je n’en dormirai pas, je devais connaitre le pourquoi de tant de secrets.
Je jetai un dernier regard aux alentours. Personne pour contrecarrer mes intentions. L’allée s’étalait, calme et déserte. Je me mis à longer les grilles, en partant sur la droite. Mon estomac se serrait délicieusement, mon souffle s’emballait un peu. Cette propriété semblait gigantesque ! J’errai bien deux minutes avant de trouver le moyen de franchir les grilles : un muret à moitié effondré, mais suffisamment haut pour une tentative d’escalade. En montant dessus, je levai les bras pour empoigner les barreaux. J’y parvins sans problème. J’eus plus de mal à me hisser jusqu’en haut, tout en me méfiant des pointes vengeresses qui dardaient méchamment. Puis je me laissai retomber dans le vide, après avoir essayé sans succès d’apercevoir quelque chose de mon perchoir. J’avais réussi. J’étais entré dans l’Antre de la Fée.

Mon avis

Un roman ensorcelant en nuances d’amour, de transgression, d’émotions, de temps et de poésie ! Un écrin de mots et de verdure à explorer au fil d’une plume intense et délicate !

Quelques vers introducteurs. Une émotion à fleur de peau, à fleur de mots. Quelques phrases tournées avec intensité, délicatesse et poésie. Quelques pages tournées avec avidité et curiosité. C’est tout ce qu’il m’a fallu pour tomber sous le charme de Vert-de-Lierre ! Charme de l’univers, de l’atmosphère, de la plume, de la sensibilité des personnages, de la poésie contemplative,… Toutes les nuances du charme et de ses significations…

L’environnement réduit de cet écrin de campagne à l’écart des villes, cet écrin de mystères et de légendes, ce cocon où tout le monde se connaît et où l’étrange peut prendre des proportions fantastiques, crée une atmosphère dense et particulière. Spéciale. Inspirante. Dans l’esprit d’Olivier s’emmêlent et s’enlacent les observations et les souvenirs. L’enfant ressurgit au détour d’un objet tandis que l’adulte explore les mystères de ce village peu fréquenté et de son château habité (par un esprit).
Comme le lierre dissimule les murs, le mystère du lierreux masque progressivement tout autre pensée, tout autre but. Il envahit les pensées d’Olivier et déborde dans ses émotions comme dans sa narration.

J’ai commencé ce roman sans savoir à quoi m’attendre. J’avais lu le résumé oui, mais je l’avais occulté. J’ai particulièrement apprécié de me laisser porter, entraîner, bringuebaler, tourmentée au fil des émotions du narrateur.
J’ai été emportée par les pensées d’Olivier, sensibles, brutes, déplacées, parfois. J’ai vécu sa quête de l’inspiration et sa rencontre avec Rose au coeur de ses émotions, au gré de ses réflexions, au fil de ses choix, au creux de ses explorations. Flux de pensées et intensité des émotions s’entrelacent en permanence, donnant une densité à la lecture comme au personnage.
J’ai été conquise, trompée, emportée, déstabilisée , touchée, choquée, ébranlée. J’ai lu, ri, pleuré, angoissé, sursauté. J’ai vécu aux côtés du personnage, submergée par ses réflexions, sentiments, doutes et convictions.
Le personnage de Rose m’a également particulièrement saisie. Elle dégage une énergie de vie, une puissance vibrante, une liberté chatoyante qui m’ont marquée. Elle a été éprouvée par la vie, par ses choix, elle affirme son identité dans toutes ses nuances et ses complexités, avec force et douceur. Profondément elle-même. Entière quoique blessée.

La plume tisse l’intrigue, raconte les émotions, dépeint les environnements, immerge dans un instant et dans une éternité avec délicatesse et intensité. Beauté et laideur s’enlacent, doutes et forces s’embrassent, poésie et douleur s’entrelacent. Je sentais le poids de l’atmosphère, l’oppression, le parfum des roses, la force des émotions en conflit. L’écriture de Louise est d’une intensité vibrante, violente de douceur, en nuances de poésie et d’émotions.

Certaines pensées d’Olivier m’ont dérangée. Puis j’ai atteint la fin, le dénouement. Le mélange de dénonciation et d’explication, les nuances qu’il me fallait pour pleinement apprécié ma lecture du flux de pensées de ce personnage pas toujours sympathique, pas toujours honorable.

Le mot de la fin

Une lecture intense et marquante, en mille nuances de beauté et d’horreur, d’émotions et de pensées, quête de l’inspiration, du temps et de l’éternité ! J’ai vécu un arc-en-ciel de sensations vibrantes dont la force est restée avec moi après la lecture.
Vert-de-Lierre est puissant et déstabilisant, ode à l’art et à la création, à la liberté et à la construction de soi.

PrĂ©fĂ©rez-vous dĂ©couvrir vos lectures « Ă  l’aveugle » ou savoir Ă  quoi vous attendre ?

Ă€ bientĂ´t,
Marine

3 rĂ©flexions au sujet de “📚⎜Vert-de-Lierre – L. Le Bars”

  1. Waouh, quelle belle chronique, pleine de poĂ©sie ! Tu rends vraiment bien hommage Ă  cette Ĺ“uvre unique. Je suis tellement ravie que tu aies aimĂ© ce roman, qui m’a Ă©merveillĂ©e, terrifiĂ©e, chamboulĂ©e, comme toi. Louise Le Bars est une autrice de gĂ©nie, qui maĂ®trise la langue avec tellement de brio, pour savoir crĂ©er tout ce tumulte chez le lecteur.
    j’ai beaucoup aimĂ© lire ton retour de lecture, qui m’a replongĂ©e un temps dans cette lecture qui me reste dans l’esprit encore maintenant ! Merci beaucoup, donc, pour ce joli moment 🙂

    Aimé par 1 personne

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