Dijonnaise E02

La ville l’appelait…
Un élan, le soleil, l’appréhension avait disparu. Seul le désir demeurait.
Elle avait pris sa valise et son sac en bandoulière et se dirigeait vers l’arrêt du tram. Leurs couleurs, anthracite et framboise, la surprirent, fugitivement. Elle monta dans le tram, valida son ticket et s’installa à côté d’une vitre pour voir la ville défiler. Une large avenue, un parc, l’arc de triomphe, une rue piétonne partant vers le coeur historique de la ville, puis la rue pour arriver à la place de la République. Encombrée de toutes ses affaires, elle descendit du tram, et gagna l’un des immeubles clairs au bord de la place. Trois étages (sans ascenseur) plus tard, elle pénétrait dans son studio, 25m2 de liberté, à décorer comme elle voulait, en faisant bien attention au parquet et aux murs, l’agence avait bien insisté là-dessus. Un couloir avec un espace plus large à l’entrée, une salle d’eau un peu plus loin, et une grande pièce carré et lumineuse au bout. Elle l’avait aménagé simplement lors du déménagement, un petit cocon confortable loin du nid familial.
Mais la ville l’appelait…
Elle posa rapidement sa valise dans la pièce principale puis quitta l’appartement, dévala les escaliers, déboucha sur la place de la République et partit vers le centre ville. On lui avait parlé de la chouette, elle voulait la voir en vrai.
Elle prit la rue de la Préfecture.
La ville lui emplissait les sens. Les sons étaient comme assourdis, apaisés, quelques voitures qui passent, quelques piétons, le son des cloches, l’architecture ravissait ses yeux, et même l’odeur était différente. Ses pas la menaient vers le centre de la ville, son esprit s’imprégnait de Dijon.

Elle parvint enfin à l’église Notre Dame. Elle en fit le tour pour trouver la statue de la  chouette.
Un instant, elle fut surprise. Elle n’aurait peut-être pas reconnu une chouette.
Puis la magie l’emporta : l’histoire de cette statue porte bonheur, le symbole qu’elle représente, la mystique…
L’émotion monta en elle.
-Nouvelle arrivante ?
Elle se tourna vers celui qui venait de lui parler, un jeune homme brun, de taille moyenne.
-Pour avoir l’air aussi hypnotisé par cette statue, tu viens d’arriver…
Elle le regarda sans répondre.
-Tu dois la caresser de la main gauche, pour que le porte-bonheur fonctionne.
Elle fixa ses yeux sur la statue à nouveau, pour éviter le regard curieux de son interlocuteur.
-Merci, répondit-elle sans le regarder.
-Une visite guidée ?
Elle s’éloigna de l’inconnu de l’église sans lui répondre. Elle voulait profiter de la ville, seule. Savourer cette nouvelle vie, ce nouvel environnement. Elle esquiva le mouvement de la main qu’il fit pour la rattraper et pénétra dans le calme de l’église.


Marine Ginot, 11/2016
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