Dijonnaise E03

Elle poussa la porte avec hésitation, presque avec timidité.
Il y eut une légère résistance, puis elle pénétra véritablement dans l’église Notre Dame.
La douce odeur des bougies l’entoura et elle sentit son souffle s’apaiser. Sur sa droite, il y avait une histoire de l’église à laquelle elle n’accorda pas la moindre attention : l’église emplissait ses yeux. De là où elle se trouvait, au fond de l’église, proche de la porte, elle voyait les arches monter harmonieusement vers le ciel, plus basses sur les côtés qu’au centre, mais partout avec majesté. Elle devinait, dans la douce pénombre, des allées en hauteur, tout autour du bâtiment.
Elle s’avança lentement vers le coeur de l’église par l’allée de droite. Sur le mur, elle devinait les traces d’une peinture, un peu plus loin, des statues, et tout au bout, une statue de la Vierge.
Incontrôlable, l’émotion monta en elle.
Elle s’assit sur l’une des chaises et ferma les yeux pour s’imprégner de l’atmosphère…

Un instant plus tard, un éternuement la ramena à elle.
Ses yeux papillonnèrent. Elle observa un instant le coeur en arc de cercle, l’autel doré, ou en or, elle l’ignorait. Elle s’immergeait dans la beauté simple, dépouillée et pourtant si travaillée de l’église.
Lorsqu’elle se retourna, l’orgue appela irrésistiblement ses yeux. L’instrument était ouvragé. De son point de vue, c’était presque de la dentelle de bois.
Emerveillement.
En dessous pendait une tapisserie avec la Vierge en son centre. Les couleurs paraissaient étonnement vives dans la pénombre, mais cela ne faisait qu’ajouter au charme du lieu.
Plénitude.
A pas mesurés, elle remonta l’autre allée périphérique en observant avec attention les médaillons, entre la croix et le cercle, du chemin de croix.
Elle avait eu son moment de beauté, elle pouvait ressortir…
Mais avant de pousser la porte, elle se retourna une dernière fois pour embrasser du regard l’intérieur de la bâtisse.

Dehors, elle repéra le jeune homme qui l’avait abordé et partit soigneusement dans la direction opposée, en face d’elle.
Quelques mètres plus tard, elle tomba sur boutique, à moitié dans la rue, à moitié dans un bâtiment, de produits locaux. Curieuse, elle commença à déambuler entre les tables…
… et resta en arrêt devant le nombre de types de moutardes différentes que proposait le commerçant ! Classique, à l’ancienne, noix, cassis, provençale, et tant d’autres !
Elle prit un pot au cassis et un pot à l’ancienne, pour tester.

Elle continua d’errer dans la ville jusqu’à ce que la nuit la rappelle à l’ordre…


Marine Ginot, 12/2016
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