Axel – L’explosion

Axel regardait ses mains.
Elles avaient changé.
La veille encore, tout était normal, mais maintenant…

Maintenant, il y avait les tremblements et les vertiges, la mélancolie et la douleur.
Et un sifflement.
Tout avait commencé avec un sifflement.
Son regard erra autour de lui. La pièce était blanche, neutre et propre. Aseptisée. La pièce tremblait, elle aussi, oscillait de droite à gauche.
Visiblement, l’explosion avait laissé plus de traces qu’il ne le pensait.
L’explosion…
À présent, il se souvenait de tout.
Un vague de douleur et chagrin le ramena des heures en arrière, au moment de l’explosion…

La température était étonnamment douce pour la saison. Le froid aurait dû être plus mordant. L’alliance du beau temps et du Jour des fleurs avaient attiré les gens dehors. Il y avait des fleurs, de la musique, des gens, les enfants qui courraient partout. C’est ce qu’Axel préférait pendant le Jour des fleurs : la joie qui étincelait dans les rires des gens, le bonheur qui rayonnait sur les visages des habitants. L’ambiance était sérieuse, d’ordinaire.
Le Jour des fleurs était une pause extrêmement bienvenue.

Puis il y avait eu le sifflement.
Léger, d’abord
Puis il avait couvert tous les autres bruits.
Et l’explosion, pour finir.
Le feu et la douleur s’étaient emparés des passants.
Ils étaient sortis de partout, des adeptes de la Fraternité, reconnaissables à leurs vêtements gris sombre. Ils étaient armés.
D’autres silhouettes surgirent face à eux, en vert foncé, les membres de la Guilde.
Les deux gangs semblaient aveugles à la fête qu’ils venaient de ruiner, à la douleur qu’ils semaient sur leur passage. Guilde contre Fraternité, hinoatts contre humains, deux organismes internationaux qui n’apportaient que la désolation.
Axel n’entendait rien. Il n’y avait que la fumée, et de brefs éclats de lumière au loin. Une silhouette passa dans son champs de vision, une jeune fille blonde en civil qu’il reconnaissait. Lili.
Elle s’effondra. Une fleur rouge s’élargissait sur sa poitrine.
Il voulut bouger, ramper, mais il s’immobilisa. Une silhouette sortait de la fumée, elle s’agenouilla à côté de Lili. Leurs regards se croisèrent et Axel reconnut le regard si particulier du Chevalier Noir, l’homme d’élite de la Fraternité.
Le Chevalier Noir se rapprocha de lui. Mais une fille en vert s’interposa et le Chevalier s’éloigna.
Le noir et l’inconscience voulurent enfin de lui.

Axel regardait ses mains qui tremblaient.
Elles avaient changé.
La veille encore, tout était normal, mais maintenant…
Ses mains auraient dû parler de bonheur et de lumière. Elles parlaient de douleur et de perte.
La porte s’ouvrit et la fille qui lui avait sauvé la vie entra.
– Ils disent que vous pourrez sortir dans quelques jours.
Axel s’abstint de répondre.
– Ce n’est pas parce que vous sortirez que vous irez mieux, par contre. Je peux vous offrir les moyens de guérir.
– Je ne suis pas intéressé par le fait de devenir un terroriste.
– Ce n’est pas du terrorisme. Nous protégeons ceux qui le veulent. Nous combattons ceux qui nous blessent.
– Toujours pas intéressé.
– Je peux t’offrir la vengeance.
Elle le captura dans son regard et lui montra les horreurs qu’elle avait vu.
Il hésita.
Elle le regarda.
Il fit un choix.


Marine Ginot, 05/2018
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