Chroniques, Littératures de l'imaginaire

📚⎜ Parmi les vestiges — P. LĂ©autĂ©

Bonjour Ă  tous,

TroisiĂšme et dernier tome des Temps assassins de Pierre LĂ©autĂ© achetĂ© lors des Imaginales avec deux dĂ©dicaces en complĂ©ment : une de mots et une d’encre. Merci beaucoup Pierre LĂ©autĂ© et Cindy CanĂ©vet !
Rencontre avec un nouveau narrateur pour ce magnifique final. Voyages dans le temps, stratagĂšmes, enquĂȘtes, trahisons, et rĂ©vĂ©lations s’enchaĂźnent Ă  travers les pages et les Ă©poques !
Attention, cet article peut contenir des informations sur les tomes 1 (clic) et 2 (clic).

Titre : Parmi les vestiges
Auteur : Pierre Léauté (site)
SĂ©rie : Les Temps Assassins /T3
Éditeur : MĂŒ Ă©ditions (site)

Résumé
Il a reçu le nom d’Elbion Ă  la naissance, a jouĂ© avec l’avenir des peuples et de civilisations entiĂšres. MĂȘme Analekta ne peut rien contre lui.
Esclave d’origine grecque au sein de l’empire perse, Elbion connait dĂšs l’enfance la cruautĂ© des puissants et le pouvoir de la ruse. ObligĂ© de fuir avec sa mĂšre, il trouve refuge auprĂšs des prĂȘtres de Hathor

Jusqu’à ce qu’un nouveau drame ne l’oblige à fuir à nouveau.
Il était esclave. Il vise les sommets. Le secret bùtira sa légende.
Il ne peut pas mourir. Il oeuvre dans l’éternitĂ©.

« Une fois la crĂȘte d’une colline de sable dĂ©passĂ©e, je butai sur un sentier empierrĂ© et reconnus les lacets pour les avoir souvent arpentĂ©s en jouant lĂ  l’étĂ© passĂ©. En m’y cachant Ă©galement des autres enfants et de leurs propres distractions, plus cruelles celles-ci. Ils me haĂŻssaient parce que j’étais Ă  moitiĂ© grec, parce que la nature humaine est ainsi Ă  se moquer de l’étranger au lieu de le traiter en frĂšre. Nombre de fois ils m’avaient jetĂ© des pierres et leur harde lapidaire fuyait dĂšs que je m’approchais d’eux ou qu’un prĂȘtre les chassait. Mais cette nuit, les hommes Ă  notre poursuite possĂ©daient plus de hargne que des marmots et je doutais fort de croiser un secours Ă  cette heure. Â»

Mon avis
Un final magnifique : difficile de lĂącher ce troisiĂšme tome tant les Ă©lĂ©ments s’enchaĂźnent !

La dĂ©dicace de Pierre LĂ©autĂ© m’avait prĂ©venue : j’allais ĂȘtre prĂ©cipitĂ©e, Ă©garĂ©e dans l’abĂźme du temps

AbĂźme du temps, voilĂ  qui dĂ©crit bien cette lecture. Parmi les vestiges anĂ©antit complĂštement toute notion du temps et de la chronologie. C’était dĂ©jĂ  le cas avec les tomes prĂ©cĂ©dents et la possibilitĂ© de voyager dans le temps, mais cela prend une toute autre dimension dans ce livre-lĂ . L’amplitude des voyages d’Elbion est nettement plus grande que celles de Charlotte (T1) et Darwen (T2) et sa version des faits donne une toute autre dimension Ă  deux tomes prĂ©cĂ©dents.

Les fils d’intrigues s’imbriquent, s’emmĂȘlent et se dissimulent mutuellement pour mieux promener le lecteur Ă  travers le rĂ©cit. Des faits des tomes prĂ©cĂ©dents sont narrĂ©s avec une focale diffĂ©rente, d’autres sont complĂštements dĂ©tournĂ©s et changent grandement la perception qu’on avait d’évĂ©nements « passĂ©s Â» (je mets des guillemets puisque, vous l’aurez compris, le passĂ© a de multiples facettes dans cette trilogie).
De voyages, en errances, de dĂ©convenues, en dĂ©couvertes, Elbion nous entraine dans l’histoire de sa vie, la construction de sa (ses ?) lĂ©gende(s), les mĂ©andres du temps. Cela permet de mieux comprendre l’univers complexe crĂ©Ă© par Pierre LĂ©autĂ©. Les Ă©lĂ©ments s’emboitent progressivement, les rebondissements viennent brouiller l’image qui Ă©merge et le tableau final est surprenant jusqu’aux derniĂšres pages.

MalgrĂ© son enfance tragique qui le rend attachant humain et dĂ©terminĂ©, Elbion cesse rapidement d’ĂȘtre frĂ©quentable en devenant adulte. Il est un peu trop imbu de lui mĂȘme et mĂ©galomane Ă  mon goĂ»t. NĂ©anmoins, cela m’a rendu curieuse de voir jusqu’oĂč il pouvait aller, de quoi il Ă©tait capable, quelles pouvaient ĂȘtre ses limites. En un mot : dĂ©testable (mais fascinant).
J’ai retrouvĂ© avec plaisir Charlotte, Darwen, Saint Preux, Diogene, et les autres personnages des tomes prĂ©cĂ©dents (Ă  l’exception notable d’Abby et Bosa, entre autres), Ă  travers le regard d’Elbion.

La plume de Pierre LĂ©autĂ© nous guide sur les chemins tortueux d’un temps aux allures de destin. Entrainante et fluide, elle fait Ă©merger les Ă©poques et les personnages sur le chemin d’Elbion et du lecteur.

Je profite Ă©galement de cet avis pour mentionner la sublime couverture rĂ©alisĂ©e par Cindy CanĂ©vet (dont vous comprendrez mieux le sens au fil des pages) ! Elle a Ă©galement rĂ©alisĂ© celle du tome 2 qui m’avait dĂ©jĂ  Ă©normĂ©ment plu ! Pour les curieux, vous pouvez dĂ©couvrir son travail sur son site, Facebook et Instagram.
Petite mention spĂ©ciale pour l’éditeur Ă©galement : l’objet livre est superbe !

Le mot de la fin
Un tome final qui tient en haleine jusqu’à la fin : Parmi les vestiges est une superbe lecture. Les Ă©vĂ©nements s’enchainent pour nous guider de mensonges en rĂ©vĂ©lations jusqu’à la derniĂšre page, la derniĂšre dĂ©couverte.
La chronologie est peut-ĂȘtre parfois un peu difficile Ă  suivre mais je me suis laissĂ©e porter par la plume de Pierre LĂ©autĂ© Ă  travers les mĂ©andres du temps avec beaucoup de plaisir.

À bientît,
Marine

Image de fond issue de Pixabay

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